Union Musicale de Châtillon sur Loire

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Histoire des Origines

Par Christophe Joneau

vendredi 14 janvier 2011, par Loïc Becquet

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CENTENAIRE DE L’UNION MUSICALE

Histoire des Origines

Par Christophe Joneau

100 ans ?

Il est bien difficile de faire un historique de notre société musique. Nous avons plusieurs sources, celles qui ont été écrites, celles qui ont été dites (mémoire orale), celles qui reposent sur des éléments matériels. Les archives écrites sont rares. Celles dont nous disposons ne concernent globalement que la trésorerie. Nous n’avons pas ici l’intention de faire des statistiques. Toutefois, l’analyse des factures pourrait nous guider. Il eut été intéressant de parler plutôt des hommes et des femmes impliqués dans cette aventure, connaître leurs motivations, leur place dans la société, leurs idées. La mémoire orale est un outil difficile à manier, il est indispensable d’en user avec une extrême prudence. Néanmoins il convient d’exploiter ce dont nous disposons. Les éléments matériels sont peu nombreux car embarrassants par leur volume. Le fait qu’ils nous soient parvenus est significatif de leur valeur symbolique. Il est d’ailleurs souhaitable de veiller à leur conservation dans de bonnes conditions. Nous verrons dans la suite de cet essai leur importance. Le centenaire est l’occasion de réactiver leur portée pour la mémoire à venir, c’est à dire celle du XXIème siècle.

Nous allons d’abord chercher à connaître les origines. Un historien local, il s’agit du regretté Daniel Desbordes, nous a laissé un document de seize pages sans date. On peut cependant, d’après le texte, affirmer qu’il a été rédigé entre 1954 et 1958 [1]. Ce fascicule fait un rapide état de Châtillon-sur-Loire et du canton à la fin du 19ème siècle. En voici l’extrait qui nous intéresse.

« ... Il existait deux sociétés musicales :
La Société Musicale (appelée Musique Blanche), fondée après 1870 par M. Agan et que dirigeait avant 1900 M. Gateau, secondé pas les instrumentistes Auguste Berthelot, Adolphe Guérin, Gateau-Dieudonné, Mousset, etc.
Les répétitions avaient lieu dans le bal Cherreau, Grande-rue, puis dans la salle de danse actuelle du café Champault.
La Société Philharmonique (appelée Musique Rouge).
Sa bannière [2] portait la devise « Bien faire et laisser dire ». Son chef était Antoine Robert, dit « P’tit Toine » (...) fortement épaulé par les « Gambetta », les Délicat, Couloy, Bénard, Coco Vezars, etc.
Elle « répétait » dans la « Ruelle du Ferton [3] ».
Son « mécène » était le châtelain, d’origine anglaise : Manuelo Hillel.
Les deux sociétés fusionnèrent le 16 août 1900 sous le nom d’Union Musicale, nom que porte encore notre actuelle formation ... »
fin de citation.

A propos de l’ancienne propriété de Manuelo Hillel, située au lieu dit Le Colombier, il nous a été communiqué qu’il y avait une salle de répétition. Effectivement, l’une des bâtisses de cette propriété (située juste en haut du chemin du Colombier) aujourd’hui morcelée possède dans son grenier une voûte de plâtre. Il semble que le mécène de la « Musique Rouge » disposait de moyens financiers permettant de construire ou d’aménager une salle de répétition en veillant à une bonne ou tout au moins une meilleure acoustique. A propos de la dernière phrase du texte cité nous tenons à faire remarquer l’importance symbolique des mots UNION MUSICALE. Il y a quelques années, l’oubli de l’histoire a faillit en changer la dénomination. S’il en avait été le cas, nous n’en fêterions pas aujourd’hui le centenaire.

Après ces faits, nous nous posons la question pourquoi cette alliance soudaine quand on connait l’anticléricalisme des « Gambetta » ? L’appellation de « Musique Rouge » mise en contraste avec la « Musique Blanche » de tendance catholique montre bien l’éloignement d’idées des deux groupes. On sait par des études effectuées sur la garde nationale que les idées républicaines y étaient fortement développées, on sait aussi que les compagnies de sapeurs-pompiers sont directement issues de la garde nationale. Il apparaît que c’est aussi le cas pour de nombreuses sociétés musicales de notre pays [4]. Il existe d’ailleurs des éléments très marginaux qui méritent cependant d’être cités. Dans le grenier de la mairie, un membre de l’association Castellio, cette association s’intéresse à l’histoire de notre ville, a découvert dans un faux-plancher deux témoins matériels. Le premier est une cartouchière de cuir et de bois où l’on aperçoit les logements circulaires destinés à recevoir les cartouches. Le deuxième est une épaulette portant un insigne bien connu des musiciens qu’est la lyre, symbole de l’appartenance de celui qui la portait au clan des musicien. La garde nationale comportait donc en son sein des musiciens, au moins probablement clairons et tambours pour l’exécution des sonneries réglementaires. Lors de la réorganisation de l’armée après la guerre de 1870, la dissolution de la garde nationale est décidée. Le pouvoir central la juge trop dangereuse. Toutefois les groupes d’idées existaient. L’éclatement de la garde nationale a été un détonateur pour la création d’activités plus pacifistes. Ces faits posés nous interpellent, il y a là quelque chose de paradoxal. Pourquoi et comment à la veille de la séparation de l’église et de l’état les deux sociétés de musique fusionnèrent t-elles ? Est-ce le passé agité des châtillonnais qui a influencé cet état ? En effet, il existe depuis le milieu du 16ème siècle deux communautés religieuses dans notre ville, l’une catholique romaine, l’autre catholique réformée. La vie à deux à été difficile pendant des siècles [5], les châtillonnais en ont peut-être tiré une certaine sagesse. C’était aussi peut-être pour les deux communautés religieuses fortes de leur passé tumultueux la seule façon de faire face à la vague d’anticléricalisme de cette époque. Ces hypothèses n’engagent que l’auteur de ces lignes, cependant cette union à contre pied de l’histoire générale de notre pays est un paradoxe ...

Notes

[1Châtillon-sur-loire à la fin du siècle dernier, Daniel Desbordes, fascicule imprimé sans date, sans éditeur. Deux citations pages 11 permettent de cerner ces dates l’une à propos du « ... dernier recensement (mai1954) ... » l’autre fait allusion à la IVème République « ... comme aujourd’hui notre IVème ... »

[2Elle a été retrouvée et sauvée de l’oubli il y a une quinzaine d’années dans le grenier de l’ancien chef de musique Gaston Bénard dit Tonton.

[3D’anciens musiciens et certains d’entre nous sont encore là pour témoigner que dans les années 70, les répétitions avaient lieu dans une salle ou plutôt une remise, Ruelle du Ferton sous la baguette de Maurice Loiseau.

[4Un article dans le journal de la confédération musicale de France développait ce sujet.

[5Cette partie de l’histoire de notre ville a été admirablement traitée par l’association d’histoire locale. Les protestants châtillonnais (XVIème-XVIIIème siècles) histoire d’une exclusion. Ass. Castellio, Châtillon-Loire, septembre 1988.

1 Message

  • Histoire des Origines Le 1er février 2012 à 11:19, par Gabriel Ogier

    Bonjour , je suis en train de faire un petit historique de l’harmonie ( ex fanfare de St Cyr au mont d’or dans le Rhône).
    En lisant votre article très intéressant , j’ai trouvé des similitudes , en particulier la fusion de la musique blanche et rouge et aussi une piste d’étude sur les sapeurs pompiers et leurs cliques . Merci

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