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Le clairon

dimanche 8 avril 2007, par Loïc Becquet

Les origines du clairon remontent aux civilisations les plus anciennes.

Certains auteurs, s’autorisant du nom français de l’instrument dérivé du latin « Clarus », y voient un descendant direct du « Lituus » des célèbres légions romaines. D’autres prétendent qu’il nous serait venu d’Asie ou aurait été introduit par les Maures dans la péninsule Ibérique.

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Cornet ancien des Perses Dans certaines chroniques datant du XIe siècle, on relève, dans la liste des instruments utilisés alors, les « clarons » et « claronceaux ». Le manque de précision dans la description de ces instruments ne nous permet pas d’affirmer que le claron avait un rapport quelconque avec l’instrument actuel.

Le clairon est mentionné pour la première fois lors de l’expédition de Charles VIII contre le royaume de Naples (1494).

Thoinot Arbeau (1589) mentionne également le « cleron » parmi les instruments servant à la marche guerrière.

La chevalerie française avait des clairons qui appelaient aux armes. Dans les joutes, les tournois, le nom du vainqueur était célèbre « à grands sons de trompettes et clairons » et la chronique de Saint-Denis parlant des noces de Louis, Dauphin, qui fut roi de France et premier du nom, dit que le festin fut coupé d’entremets de trompettes et de clairons.

Les Maures se servaient de clairons aigus dans toutes les occasions solennelles.

C’est seulement sous la Restauration que 1’utilisation du clairon se précise. Une ordonnance Royale du 22 mai 1822 dote les régiments de l’Infanterie française de clairons. Ses qualités sont alors critiquées ou vantées. C’est ainsi qu’on peut lire : « le clairon ne peut guère servir qu’aux signaux ; il n’a que cinq ou six notes, et, a le considérer même comme instrument de signal, il manque de sonorité. On ne saurait en aucun cas surtout songer à en faire un instrument concertant », ou encore : « le timbre du clairon est clair et strident et convient au rôle martial qui lui est confié ».

Ce n’est qu’en 1831 que l’usage du clairon est définitivement consacré dans l’Infanterie française à la suite de la rédaction d’un code nouveau de batteries et sonneries confiées au chef de musique Melchior. Ce travail fut complété en 1845 par une série de sonneries spéciales aux « chasseurs d’Orléans ».

Les Clairons ne tardèrent pas à s’illustrer sur les champs de bataille et bientôt l’imagerie populaire et la presse en perpétuèrent les hauts faits.

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Clairon d’ordonnance si b

Parmi quelques exemples il faut citer la bravoure et l’élan des Clairons des zouaves de la garde qui firent l’admiration de nos alliés anglais. Après nos revers (1870-1871), Paul Deroulede rendit aux Clairons un suprême hommage dans l’un de ses chants du soldat les plus émouvants et les plus populaires. Puis en 1918, ce fut le Clairon de l’armistice Pierre Sellier, qui, le 11 novembre à 11h du matin, sonna le « cessez le feu ».

Enfin, chaque jour a l’Arc de Triomphe, l’émouvante sonnerie « aux Morts » rappelle le souvenir du Soldat Inconnu.

Aujourd’hui, les Clairons sont devenus un des éléments essentiels de nos formations régimentaires. Ils tiennent une place prépondérante dans les sociétés d’amateurs si populaires en France.

Yann Baillais

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